Aujourd'hui, cela fait 101
CENT UN
Jours
Que Naplouse vit sous couvre feu.
Couve-feu
101 jours que tout ce qui bouge se voit tirer dessus
En vrac :
L'ambulance qui va chercher un malade, quand elle prend le risque suicidaire de sortir de son centre d'urgences
Le mère qui choisit de braver le couvre feu pour emmener à pied son bébé voir un médecin
Que l'eau est coupée
Quand la tuyauterie restant en état de fonctionnement pourrait amener de l'eau dans les foyers...
Que l'électricité est coupée
Que la radio de là-bas essaie de faire son travail d'information, de réconfort à des familles terrées chez elles, comme des rats, sans contact avec l'extérieur
Que toute vie est stoppée
Que les femmes accouchent on ne sait où, et comment
Que les enfants mangent on ne sait quoi
Que les hommes font peur à leur petit garçon, en versant subitement des larmes entrecoupées de sanglots de rage
Que les vieilles dames font attention de ne pas se casser quoi que ce soit
Le couvre-feu, c'est recevoir des bombes lacrymogènes, au mieux, des bombes qui feront que d'autres vous pleurerons, des tirs par des chars, des fusils, tout...
Couvre-feu signifie couvrir de feux toute une population
Prendre en otage des civils
Les tuer à petit feu
C'est un embargo unilatéral de la pire espèce
101 jours que la population de Naplouse vit sous couvre-feu
101 jours où il est suicidaire de faire ce que cette population tente de faire ces derniers jours, des marches de protestation (arrosée de tirs, et morts) des veillées aux chandelles (illumminées par des tirs) et tiens, depuis quelques jours : braver le couvre feu pour envoyer les petits, à l'école, quand même.......................
Le goût du suicide ne s'apprend pas à l'école. NON.
Ne dites plus jamais cela.
Il s'apprend en marchant, sous les fusils de l'armée israélienne, pour aller simplement à l'école.
Demander simplement le droit de vivre, humainement.
Demander le respect de la vie, de la dignité.
Le monde regarde.
Et soupire...
(2002)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire