Le désespoir des ambulanciers de l'espoir

LE CROISSANT ROUGE PALESTINIEN :
LE DESESPOIR DES AMBULANCIERS DE L'ESPOIR


On ne tire pas sur une ambulance, sauf si elle est palestinienne. Le Proche-Orient sera-t-il le prochain film sur les silences impardonnables de notre civilisation ? Tous les ingrédients d’un film catastrophe de mauvais goût en font, en tout cas, partie.
Le travail des équipes du Croissant rouge palestinien (CRP), ressemble à l’illustration du mythe de Sisyphe. C’est l’histoire d’hommes et de femmes ayant mis leur vie au service des autres, pour porter secours, soutenir, sauver des vies. Et qui, chaque matin, recommence inlassablement, le même parcours, devant le même roc, écrasant tous leurs espoirs.
Lundi 4 mars, alors que son ambulance évacuait une fillette blessée du camp de réfugiés, Le docteur Khalil Souliman, 58 ans, Directeur du centre d’urgence médicale à Jénin – Nord de la Cisjordanie- a été tué, alors que quatre ambulanciers ont également été touchés et souffrent de diverses brûlures et blessures.
Le CRP (PRCS) a, dans des termes posés, condamné « l’attaque la plus lâche commise sur son personnel ambulancier et ses véhicules ». Stoïque. Mais le pire est-il vraiment atteint ? Depuis des mois, inlassablement, le PRCS témoigne, dénonce la situation de véritables crimes contre l’humanité auxquels il assiste. Trop souvent démuni. Cette attaque, survenue en plein jour, est-elle la plus lâche ? On ne sait même plus. Tant la situation que subissent les Palestiniens est teintée d’horreurs incroyables. A tel point que même les agences de presse, se sont senties obligées de recouper des dizaines de témoignages pour annoncer, que oui, délibérément, on peut, à l’aube de notre IIIè millénaire, et au défi de toutes les chartes internationales, tirer sur une ambulance. Voir les quelques lignes de la dépêche de l’AFP : « Toujours à Jénine, mais dans le camp de réfugiés, un médecin, Khalil Souliman, 58 ans, responsable du Croissant-Rouge palestinien a été tué par des militaires israéliens qui ont ouvert le feu contre une ambulance, selon des sources concordantes. » Il est vrai que ce type d’acte, dénoncé depuis des mois par le Croissant Rouge, est tellement choquant qu’on a peine à le croire. Dans un communiqué qui a suivi, le CICR et la Fédération internationale, se sont dits « extrêmement préoccupés par le manque de respect dont souffrent les services médicaux d'urgence dans le cadre de cette violence. »
Tous les jours, sur le terrain, le CRP se livre donc à un véritable marathon de l’espoir face au désespoir, se bat pour que ses ambulances, coincées dans des check point, ne deviennent pas des mouroirs. Il y a quelques mois, c’est dans un état de choc incroyable, que des ambulanciers ont relaté comment ils avaient tentés de sauver un soldat israëlien, pour voir, assassiner sous leurs yeux, les trois blessés, Palestiniens, qu’ils étaient venus chercher. Sans relâche, au prix d’une volonté dont on ne sait d’où ils puisent la force morale et psychique, ils tentent de rester fidèles à une seule passion : porter secours à une population privée de travail, de ressources. Soutenir des familles qui sont condamnées à des couvre-feux de 24 heures sur 24, quand elles ne sont pas, comme des centaines de personnes, jetées à la rue après la démolition de leur maison.
C’est ainsi qu’ils doivent quémander chaque passage, attendre parfois des heures le droit de passer d’un point à un autre, pour chercher un blessé. Puis avec le blessé en train de mourir, attendre, supplier, constater le décès, toujours dans un check point, et retourner ramener le corps. Souvent. Mais aussi, simplement, avec un patient « de la vie de tous les jours ». Enfin, il y a tellement de raisons qui font que même un peuple qui n’est pas sous occupation ait besoin d’ambulances. Surtout lorsqu’elle peut encore moins, par ses propres moyens, se rendre d’un point à un autre.
Depuis des mois, des années, le Croissant rouge palestinien lance des appels au secours.
La situation, les cas, les faits dénoncés ressemblent tellement à l’innommable, que l’on reste hébétés : 165 attaques sur des ambulances, dont des dizaines démolies, 129 blessés parmi ses propres rangs. Et même, oui, ses morts. Jour après jour, comme le fameux fils disparu dans « Missing », les médecins notent. Décomptes qui arrivent et se colorent de rouge : 313 accès refusés à leurs ambulanciers. Autant de victimes que l’on ne pourra comptabiliser. A ce jour, on déplore la mort de 1082 Palestiniens, et 18'085 blessés, dont un quart risque fortement d’être handicapé à vie.
Et des nerfs rudement éprouvés. Devant la précarité des vies qu’ils tentent de réparer. Sans oublier les enfants. Peut-être le pire, pour le corps soignant, ces enfants qui forment 47% de leurs patients. « Les Israéliens mènent contre les civils palestiniens une campagne d'intimidation. L'armée israélienne a riposté à l'intifada par des tirs à balles et par la destruction au bulldozer d'habitations et d'oliveraies; ils ont également barré les voies d'accès aux maisons et aux villages et multiplié les points de contrôle. Les effets sur la santé des Palestiniens sont doubles : d'un part, les conséquences économiques et logistiques de ces actions ont rendu l'accès aux soins de santé plus difficile, et, d'autre part, la violence engendre des problèmes liés au stress qui se traduisent par des symptômes divers allant de cauchemars chez les enfants à des chocs post-traumatiques » (Source : MSF, le Croissant Rouge le dit aussi, mais c’est juste pour « recouper » les sources du cauchemar.)
Les conditions d’hygiène, sont épineuses à ce stade de pauvreté, et les difficultés de la vie, les brimades, comme l’absence de courant, et même de l’eau, qu’Israël s’approprie pour ses colonies, font partie des nerfs de la guerre de la politique israëlienne. Enfin, les risques, simplement à sortir de chez soi, pour autant que ce soit autorisé, entraîne une précarisation de la santé générale sur place. Les gens consultent de plus en plus tard. Et les cas sont de plus en plus lourds. Inlassablement, le PRCS se rend donc à eux, soulageant du mieux qu’elle peut ses déchirures avant qu’elles ne deviennent plus grand gouffre à désespoir.
Ambulanciers de l’espoir, assistance à peuple en danger, qui, dignement, tentent de ne pas désespérer, eux aussi. Même après toutes ces haltes imposées, ses tirs indécents. Au déni de toute règle internationale, toute humanité.
« Le mardi 5 mars, la direction du PRCS se rendait aux funérailles de son collègue, Khalil Souliman, décédé le jour précédent, dans l’exercice de son travail humanitaire. Le PRCS s’est vu refuser le droit de passage par l’armée israélienne, après 2 heures d’attente à un point de contrôle israélien au nord de Ramallah. Le groupe, composé du Président, M. Younis Al-Khatib, accompagné de délégués du CICR et la FICR, voyageait à bord des véhicules de la CICR. 3 des 5 ambulanciers blessés lors de l’attaque d’hier sont encore considérés dans une situation critique atteints de graves brûlures. »
Quelques lignes. Sans commentaire. Poignant. Comme un appel au secours. Un hurlement muet.
Est-ce que ce monde est sérieux ?

Publié notamment sur l'assp.ch et sur mon défunt site - mars 2002

Vote ? Veto !

Vote ? veto !

C’était une réunion des Quinze, un projet de résolution présenté par l’Egypte et la Tunisie, pour encourager "toutes les parties concernées à établir un mécanisme de surveillance" afin de contribuer à établir une "meilleure situation dans les territoires palestiniens occupés."

12 ont voté pour
2 se sont abstenus (Grande-Bretagne et Norvège)

Les Etats-Unis ont voté contre.
Et donc par leur sacro-saint droit de veto enterré la résolution
Encore un veto

Voilà.
Cela se passait au Conseil de Sécurité, de la planète terre.
Est-ce que ce monde est sérieux ?
Jamais pensé que l’on puisse autant rire autour d’une tombe.
Le veto ne peut rien, la bête est immortelle.

Bah, il est vrai que cette corrida là, on la laisse se jouer, sans spectateurs !

Demain, dimanche 15 décembre, Arafat va donner un discours.
S’il est trop mou, il légitimera la violence, dans le coeur de ceux qui, bien seuls, n'ont plus rien à perdre.
S’il est trop dur, il légitimera la violence à l’égard de son peuple, de l’autorité qu’il s’est choisi.

Corneille a passé par là.
Les faucons et l’Aigle, aussi.

(14.12.2001 - archives hapax - escale - site disparu)
En gras : rien de neuf. Quel que soit le pouvoir en place, voilà, le défi, le drame palestinien : Oeuf dur - oeuf mollet, c'est la même massue dessus

Feuille de route

Un fou m'a demandé, samedi à notre stand vulgairement habillé du drapeau Pace et de panneaux sur les Conventions de Genève :
>> Alors les attentats c'est vous ? Les enfants déchiquetés c'est vous ? (je ne lui ai pas demandé s'il était du groupe "Avengers of the Infants", gropuscule israélien ayant la fâcheuse manie de mettre des bombes dans des écoles palestiniennes, voir mars 2002, et ci dessous)

Ce matin, une personne m'interpelle sur un forum, parce que j'y ai posté un lien sur un site retraçant la colonisation israélienne.

http://www.arij.org/index.htm

Il me parle du Hamas, comme si de facto, le fait que je puisse prendre position non pas pour la cause, mais pour les faits, me situe dans les extrêmistes... tellement facile.

Alors à lui, et à tous, ces quelques mots...

Israël est un Etat qui se dessine sur 78% de la Palestine historique.

Il faut arrêter de jouer sur les mots.

Il n'est pas question de la construction de l'Ikea de tel Aviv. Ils sont libres à mes yeux de construire Disney Land 3 à Haïfa. Mais je sais que techniquement, historiquement, si l’on prend l’histoire à échelle humaine, les réfugiés palestiniens de l’ex-Jaffa de leur coeur, vivant en Cisjordanie, en Syrie, au Liban, en Jordanie, eux... souffrent encore, et gardent encore, une clé de leur ancienne maison, près du coeur. Aucun mot ne peut prendre la mesure du drame de ce peuple. De son non droit au retour. De son exil. De son errance. Oui... plus facile de parler de leurs errances erratiques. Du Hamas, du Hezbollah...

Je parle, nous parlons... des 22% qui restent. Et qui sont grignotés en violation de tous les accords, pourparlers, et aussi, oui, en violation avec les Conventions de Genève IV. Sans oublier que d'autre part, l'armée israélienne occupant les territoires de Cisjordanie et bande de Gaza, viole quotidiennement les Conventions de Genève I et IV

Des 22% hors champs... du mot "caduc", si l'on peut l'exprimer ainsi.

Voilà les torts principaux, côté israélien. Le rôle de l'OCCUPANT
Et leur Extrêmisme par les armes, mais aussi par leur lame de fond (vouloir tout, tout, tout) et qui est folie.

Du côté de l'OCCUPE, il y a un peuple qui tente de survivre. Deux millions de personnes sous couvre feu permanent, privés d'ambulances, services, écoles, travail (70% sont au chômage...) etc.

Il y a un terrain, oui, propice pour permettre à des factions extrêmistes de devenir leur dernier espoir. Le Hezbollah, et autres mouvements sont souvent les derniers secours (genre secours catholique ici, ou Armée du salut...., hé oui) quand au hamas, je suis parfaitement consciente depuis des années qu'ils n'ont absolument pas contribué à la paix. Mais qu’a fait Israël pour la paix ?

Quand en 1993 on parle de Paix, de respect... et que durant ce temps, on colonise une terre, je suppose, qu'il n'est pas insensé d'avoir vu émerger la rage ! Il y a longtemps que je dis que le désespoir engendre les desperados. Que le désespoir qui fait tagger un mur ici avec une bombe aérosol, fait tagger de sang, d'autres murs.

Et pourtant, croyez-le ou non, détruits comme ils le sont, les Palestiniens, ces civils traités comme des terroristes, des parasites que l’on passe au bulldozer sont avant tout désireux de vivre. Cela a l’air bête dit comme ça. Mais c’est comme ça. Et quand ils voient leur ancienne place du marché, lieu de leurs réunions civiles, sociables, devenue terrain de foot pour quelques gosses de colons, comme à Hebron, ils ont mal. C’est bête ? C’est comme ça.

Alors quand sur le net, on peut trouver des liens vous parlant de votre prochain do-mi-si-la-do-ré là-bas… on se dit que les promoteurs sont inconscients ou que la colonisation est toujours bien d'actu.

Alors,la Feuille de route, vous voyez, quoi. Et le fait que l’on s’occupe de savoir si de QG dévastés, une quelconque autorité peut faire face à quoi que ce soit… Et ceci plutôt que parler du fait que si 300 colons entourés de 2000 soldats se tirent avec leurs check point et le reste de leur armada, il y a déjà de quoi calmer le jeu, rien qu’au niveau d’un seul bled de Cisjordanie, moi, je reste songeuse, encore et toujours sur qui veut la Paix. Qui peut la Paix.

Voilà. C'est bien beau de parler d'Abou Mazen.
De crise politique dans la gauche israélienne.
Mais c'est autant de place dédiée au Proche-Orient qui n'a pas sa première place, à mon sens.

Si on en venait au fait. Aux faits !

La chape de plomb qui entoure, congestionne, désespère, tue, annihile les Palestinens, les soldats qui étouffent ce peuple au nom des colonies, illégitimes, qui plus est, voilà, en un mot un truc aussi bête que le slogan :"la terre pour la paix".

Un occupant. Un occupé. Pourtant simple, non ?

Et arrêtez avec les mots bâtô avec les vieux, Arafat et Sharon dans le même panier, on arrivera à rien.

Arafat reste l'homme qui a le mérite d'être respecté, pas assez certainement, lorsque les extrêmistes enragent sur sa "mollesse" ou que les colombes enragent face à sa non-volonté de se couper totalement de la base humiliée quotidiennement. Pas assez, mais juste assez, je le crois, pour jouer le rôle d'une plateforme. Et il en faut une grande, pour réunir des êtres qui se reconnaissent soit dans le combattant soit dans l'homme de la paix.

Et Sharon ou pas Sharon, depuis 55 ans, l'air de rien, c'est blanc-bonnet, bonnet-blanc. Il suffit de regarder les cartes pour comprendre que les Palestinens vivent sur des confettis de plus en plus réduits. Dans le fond, on pourra bientôt utiliser le mot "palestinisation" pour dire plus pire que pire.

(avril 2002)

La tôle se plisse sous des airs complices

Elle a stoppé le véhicule
Comme on lui a dit de le faire en cas de rencontre avec des soldats israéliens
Lors des premiers tirs contre son véhicule, elle n’y a pas cru. Elle a l'idéal des amis se battant contre toute forme d'injustice.
Munie de drapeaux, d’enseignes au nom de « Save the Children » organisation internationale, sa voiture est visiblement une non-cible garantie....
Forte de sa carte d’identité issue de l’ambassade américaine, assurant qu’elle et son véhicule sont membres d’une organisation internationale d’aide, et ne doivent pas être arrêtés...
Et encore moins être cibles de tirs
Quant à être tués, impensable ! !
Mais bon, l'histoire se passe vers Naplouse, terre sous occupation israélienne, occupation militaire des plus sauvages, des plus barbares... En terre où l'occupant ne respecte rien, pas même les enfants, ni les ambulances.(voir Convention de Genève violée, chaque jour)

Elle a crié, qu’elle avait un bébé de 4 mois dans la voiture, l’enfant d’une amie et collaboratrice.

Ils ont continué à tirer

Quand ils ont avancé, elles ont pensé que la vision de deux femmes et un bébé hurlant de tous ses poumons, les stopperait…

Ils ont continué à tirer

Elle a pris son courage à deux mains, et est sortie du véhicule pour montrer son corps, désarmé

Quand une balle a ricoché sur le sol, devant ses pieds, elle sérieusement flippé, pris ses jambes à son cou, en hurlant… Elle avait compris que l'incompréhensible, l'incroyable est travail de dératissage de routine d'une armée de terreur

Son amie a juste eu le temps, elle aussi de courir loin du véhicule, sous les tirs, son bébé dans les bras

Ils ont continué à tirer

Le véhicule a été réduit en passoire
Le siège où se tenait le bébé, et sa mère, aussi

C’était le trajet d’un véhicule nommé « Save the Children »… Sauvez les enfants….

Quand les superlatifs sont éculés, parler de la barbarie de l’armée israélienne est un euphémisme.

Le silence israélien aussi
Celui de toute la communauté internationale aussi

Et ce n’est que pour voir tous les jours, des images d'ambulances du Croissant Rouge servir de pigeons à des criminels de guerre en puissance au nom d'un état terroriste, que cette petite histoire, ne me choque, même plus.

Tous les jours ... Tous les jours... Tous les jours ...

Un cauchemar

(2002)

Et il y en a qui ont besoin de faire des enquêtes ?

Qui mettent en doute quoi ????

La liste est si énorme !!

Même avec des restes de mes écrits ridicules, disparus de la toile il y a de quoi s'asseoir, pleurer, pleurer et encore pleurer

Comment ils font, les gens là-bas ? Comment ont-ils pu tenir, avec en plus des bombes, des deuils, destruction, images, tout sur eux

Vendredi Sang

Je ne sais pas comment on peut écrire bordel de merde, poliment.
Je ne sais pas.

En ce moment, la vie de Yasser Arafat est directement menacée par l'armée israëlienne qui a lancé l'assaut sur tous les bâtiments autour du leader du peuple le plus opprimé de la terre.

Qui s'étonne encore ?

Des femmes accouchent dans des check point de bébés qui meurent dans la poussière.
Des enfants sont tirés comme des lapins
Des individus sont jettés au sol, déshabillés, avant d'avoir leur tête éclatée à bout portant, et giser, en slip blanc sur une route, et pourtant, les photos prouvent que l'interpellé n'avait pas d'arme, ni bombe dans son slip.
Les militaires israëliens tirent exprès sur des ambulances
A moins que la myopie soit devenue une maladie commune là-bas
Les journalistes sont tués
Les observateurs sont lynchés
Les enfants de douze ans sont torturés
L'eau est détournée
Les oliviers et cultures sont brûlés, peut-être pour y planter des avocats Carmel ou des oranges Jaffa
Des êtres sont traités par des civils, des colons de manière plus abjecte encore qu'aucun Allemand de 39-45 n'aurait osé traiter quiconque, à moins d'avoir la carte du parti.

Mais que faut-il encore pour que ce carnage cesse ?

Une bombe ????? C'est ça le but ? Trouver une raison à déjouer à la dernière seconde LA bombe ??????

Marre

Et vous voulez, que moi j'aille peindre des putains d'oeufs ?

Veille de Pâques 2002

101 jours tachés de rouge

Aujourd'hui, cela fait 101
CENT UN
Jours
Que Naplouse vit sous couvre feu.

Couve-feu

101 jours que tout ce qui bouge se voit tirer dessus
En vrac :
L'ambulance qui va chercher un malade, quand elle prend le risque suicidaire de sortir de son centre d'urgences
Le mère qui choisit de braver le couvre feu pour emmener à pied son bébé voir un médecin
Que l'eau est coupée
Quand la tuyauterie restant en état de fonctionnement pourrait amener de l'eau dans les foyers...
Que l'électricité est coupée
Que la radio de là-bas essaie de faire son travail d'information, de réconfort à des familles terrées chez elles, comme des rats, sans contact avec l'extérieur
Que toute vie est stoppée
Que les femmes accouchent on ne sait où, et comment
Que les enfants mangent on ne sait quoi
Que les hommes font peur à leur petit garçon, en versant subitement des larmes entrecoupées de sanglots de rage
Que les vieilles dames font attention de ne pas se casser quoi que ce soit

Le couvre-feu, c'est recevoir des bombes lacrymogènes, au mieux, des bombes qui feront que d'autres vous pleurerons, des tirs par des chars, des fusils, tout...

Couvre-feu signifie couvrir de feux toute une population
Prendre en otage des civils
Les tuer à petit feu
C'est un embargo unilatéral de la pire espèce

101 jours que la population de Naplouse vit sous couvre-feu

101 jours où il est suicidaire de faire ce que cette population tente de faire ces derniers jours, des marches de protestation (arrosée de tirs, et morts) des veillées aux chandelles (illumminées par des tirs) et tiens, depuis quelques jours : braver le couvre feu pour envoyer les petits, à l'école, quand même.......................

Le goût du suicide ne s'apprend pas à l'école. NON.
Ne dites plus jamais cela.
Il s'apprend en marchant, sous les fusils de l'armée israélienne, pour aller simplement à l'école.
Demander simplement le droit de vivre, humainement.
Demander le respect de la vie, de la dignité.


Le monde regarde.
Et soupire...

(2002)

L'horreur est. Point.

Amnesty International, accusée de partialité par Israël, sort la Convention de Genève pour expliquer que les agissements à l'encontre des civils israëliens vont "à l'encontre de la Convention de Genève (...), c'est choquant". C'est ce que l'on appelle le biscuit pour faire passer un message. "De telles actions inacceptables ne justifieront jamais les violations palestiniennes que nous avons vues commettre au cours des 18 derniers mois".
Oh, certainement, toute action qui tue des civils, des innocents, est abominable.
Aucun humaniste digne de ce nom ne pourrait le contredire.

Et le mais, qui suit, vise simplement à rappeler, puisqu'il le faut, que dans le dossier Proche-Orient, ne pas faire preuve de partialité est cautionner l'horreur, les humiliations que subissent les Palestiniens.

Le peuple palestinien.
Des hommes, des femmes, des enfants, privés de tout droit.
Même celui du désespoir.

Privés d'écoles, de soins, de travail, de maisons, de cultures.

Une fois de plus, et faut-il le hurler, les kamikhazes sont des êtres sans repères, manipulés, simples objets d'un but les dépassant. Juger des êtres privés de tout droit, en utilisant la lorgnette de la raison, est simplement oublier que les pires déraisons naissent de la misère.

Il n'y a aucune partialité, dans le sens, subjectivité malsaine, à dire que l'Etat d'Israël viole les droits les plus fondamentaux des Palestiniens. Droits de l'homme. Humilie un peuple entier, tous les jours, dans des check point, ou ailleurs. Les prive de tout droit. Les blesse : Plus de 18'000 blessés en 18 mois !!!
Les tue, 1200 morts en 18 mois !!!

Que toute cette politique est monstrueuse. Inique.

Ce n'est pas être partial. Subjectif.
C'est simplement être objectif.

Et nier ces faits, n'est qu'ajouter un peu de désespoir en plus, dans le coeur des Palestiniens. Ceux qui, à 17 ans, prèfèreraient certainement, boire un boc ou de la limonade, sous un tilleul ou un olivier.
"On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans,
Et que l'on a des tilleuls verts sur la promenade" (Rimbaud)

Alors... sous les crachats rouges de la mitraille
On finit par dormir.
Pâle dans un lit rouge
Avec deux trous rouges au côté droit

Arrêtez de parler de partialité !!!

Les faits ! Les faits objectifs font vomir
Gerbe de chardons piquants rouges sang

(2002)

Crimes et cris

Ce soir, il m’est arrivé un truc étrange.
Un ami nous a amené une cassette vidéo. Un reportage. Vingt minutes. Le thème ? « Palestine is still the issue ». Le sujet, la solution, le thème, c’est toujours : la Palestine. Joli titre. Excellent. Signé par un brillant journaliste : John Pilger.

On y voyait des images datées d’il y a plus d’un an. Est-ce encore important ? Rien ne change, et l’actualité ne fait que réinventer des angles de vues d’une même horreur. Des bureaux saccagés, sur lesquels les soldats israéliens avaient uriné et enduit leurs excréments. Le département des affaires culturelles, et ses ordis éventrés. Sa salle réservée à la création des enfants avait été bariolée par toutes les peintures giclées en vrac sur tous les murs, les fenêtres. Il y a eu ce témoignage empreint de chagrin d’un refuznik, kipa sur la tête, qui parlait de son refus de continuer à servir cette haine, cette politique de l’humiliation. Des images, encore de démolitions. Oh vues, déjà vues. Déjà imaginées, aussi. En moins pire.

Il y avait aussi ce moment très fort du reportage où l’on voyait une petite fille, un doux visage, jouant au piano, riant autour d’un gâteau d’anniversaire. Elle avait 14 ans. Son père, assis dans le salon avait une histoire de deuils en amont, déjà. Ses parents, oncles, tantes, partis à Auschwitz et Treblinka. Et il était là, ce papa aux mains vides. Sans même les tordre, il racontait, la petite qui part faire une course avec deux copines. Et rencontre un kamikaze. Et il a dit, « quelqu’un que le désespoir a amené là ... » Et c’est là qu’il a perdu la petite. Et c’est presque surhumain, ce père qui arrive à comprendre, face à l’inhumanité du reste du monde. Et voilà.

Enfin, je vous raconte ce que j’ai réussi à apercevoir au travers d’un voile embrumé. Parce qu’il y avait, aussi, une scène, toute simple. Une maman coiffant sa petite minette. Gros yeux noirs, bouche en pétale. Sur l’écran, en dessous, il y avait le nom de la maman. Une impression de déjà vu. Chair de poule. Son nom est là, oui, dans mon carnet de notes. C’était « un des cas » que j’avais traduit à l’époque : La vie neuf mois à l’abri. Un check point au bout. La vie qui crie, un canif pour le cordon. Le bébé qui cesse de pleurer, peu après. Fatma Al Rabo. Un exemple de violation des Conventions de Genève, de crime contre l’humanité qui figure sur le site genre blogue de la bibi. Effrayant. Lors d’un sit-in, j’avais lu cette histoire, le micro de la copine de la cops’ syndicaliste à la main. Et soudain, là, ce soir j’ai pu mettre un visage sur son nom. Cela m’était déjà arrivée avec un autre bébé, dont j’avais parlé, une miraculée ... retrouvée sur le site de Christophe Delmère. Mais cela fait peur.

Alors j’ai l’impression que le monde est petit. Et Petit, aussi. Que le monde est fou. Et vraiment fou.

Et je ne sais pas bien à quoi tout ceci sert. Un jour, inshallah, comme on dit, j’ai envie de pouvoir tenir la main de cette femme, voir la petite miraculée, retrouver ma puce de la photo de Reuters, de Khan Younes. En attendant ... j’ai peur pour elles, tous les jours. Un peu comme si je les connaissais.

Et je ne comprends pas que l’on n’ait pas peur pour elles, pour eux, tous, pour tout ce désespoir qui se dilue en lignes, en images. Je ne comprends pas que l’on ne comprenne pas que toute la question, le thème majeur, le dénouement ... c’est La Palestine.


PS : Toute chaîne d'information qui se respecte devrait diffuser ce film. Mais avec ou sans images, la réalité est toujours la même, et on peut trouver tout en suivant ce lien, qui mènent à d'autres aussi
Et y découvrir les difficultés de diffuser la vérité.


http://www.guardian.co.uk/comment/story/0,3604,797084,00.html

http://www.johnpilger.com/

(2003)

Yes Woman Cry

Yes Woman Cry

Il y en a qui sont vertes de rage
D’autres qui ne peuvent plus supporter le rouge
Celles qui préparent des jus d’oranges pour leurs enfants
Celles qui voient dans le violet, le mot violence
Celles dont les cernes sont aussi bleues que leurs poings serrés
Celles qui marchent en blanc
Et puis il y a
Les Women in Black

Le 28 décembre, un peu partout dans le monde, si vous croisez une femme vêtue de noir, dont la seule couleur est son sourire, vous sentirez peut-être comme un battement d’aile, le souffle d’un espoir de paix. D’un peu de justice.

Nota : Les Women in Black est un mouvement qui a débuté en janvier 1988, à Jerusalem, un mois après la première Intifada. Vêtues de noir, quelques femmes, Israëliennes, ont ainsi voulu marquer, de manière silencieuse, leur protestation. Elles n’avaient qu’un panneau: une main, en carton noir, sur laquelle était écrit : « Stop the Occupation ». Aujourd’hui, les femmes en noires, veuves du monde tel qu’il pourrait être, militent pour toutes sortes de causes. En Allemagne, par exemple, elles luttent contre le néo-nazisme, la xénophobie, en Italie, contre les violences de la mafia, en Inde contre les maltraitances liées au fondamentalisme. Partout, en place de mouchoir rose, de larmes, on peut les trouver. Un même esprit, les réunit au-delà des frontières.

Et si Demain, la mode était vraiment au noir ?

Larmes de laurier

« Bavure israëlienne lors de représailles ».Un titre de dépêches. La bavure, enfin, les bavures, avaient l’âge de trois pommes. Trois ans. Et treize ans. Et bon, comme on dit c’est au nom de quoi déjà ? Ah oui. Représailles. Le foutu mot.
Donc aujourd’hui, c’était un jour de représailles, de bavures. Un pléonasme. Un de plus. Une news presque banale, si l’on excepte le fait que c’est toute l’humanité qui meurt, quand meurt un enfant. Ceci même si les lois israëliennes ont décrété que dès douze ans, un Palestinien n’est plus un enfant, mais a droit aux prisons, et châtiments d’adultes.

Lundi 10 décembre, jour aussi, où le prix Nobel de la paix, a été décerné. A Kofi Annan, secrétaire général de l’ONU.
ONU qui n’en est pas à une bavure près. De représailles trop indifférentes ou inutiles près.
Il a dit quelque chose comme : "Au XXIème siècle, je crois que la mission des Nations unies sera définie par une prise de conscience, nouvelle et plus profonde, du caractère sacré et de la dignité de chaque vie humaine, quelle que soit sa race ou sa religion."

Si la prise de conscience commence aux Nations Unies,ce sera déjà un bon début. Les grandes lignes, l’outil général est un super machin en état de marche. Et pour la conscience, il y en a qui sont conscients. Merci.

L’Onu, c’est un peu comme une voiture dernier cri, nickel, super sans aplomb, mode d’emploi de 647328895907 pages, avec 6 pelés complètement bourrés qui donnent des directives dans tous les sens. Topo, elle cale sans cesse.

10.12.2001

Pile ou face

Pile ou face


Perdre la face n'est rien


Si l'on sait débrancher sa pile


(2001)

Rêves en silence

Rêves en silence

Courbes le dos et tais-toi
Garde le silence des larmes
Avec le temps, les racines
Tu les mangeras par le bas
Le monde tourne avec le sang
Des innocents
Pour ta casba de demain
Y a déjà les gates et portails de rêve
Malade de virus et croix de fer
Ton école, ton ABC c’est t’écraser
Pour monter au ciel, y a la rue
Apprends à compter les pierres
Dessines des H de haine
Tapes ta tête et écrase
Fais pas rouler les bisbilles

Oublies ta vie, dehors ils attendent
Un faux pas
Les faucons symbole de la victoire
Les faux-culs sont légion
Attends, oublies ta vie
La vie c’est pour ceux qui tiennent
la crosse de la mort
Ici ou ailleurs
Le temps, patience est un produit de luxe
Attends, on finit tous par mourir
En silence, dixit bisbilles
Fais du rêve de ton droit à l’existence
Un château de bac à sable,
Pas en lançant des pavés
Et si t’es en manque
Tout est virtuellement possible
Une balle entre les yeux
Pour en trip en silence
Les racines du bonheur
Se mangent la tête au sol

Quoi que tu fasses
Que tu crèves d’une balle
Pour rire ou pleurer
Tu n’existes pas en tant que toi
Tu n’es qu’un jeteur de pierre
Et on dira toujours que c’est toi ka commencé
Un macchabée pour les charognes
Aux retraites d’enfer
On ne parle de toi que
Pour tes mains en sangs
Ou un bus
Choc de photomatons
T’as raté le tien
Quand t’es né écrasé
Petit frère croix de bois
Croix de fer si je mens
Je vais en enfer

(oct.2000) A toi ti frère de Gaza, Ramallah
16 mois, déjà... 1000 morts après ... le même rap, toujours le même

mars 2002